Le bilan CO₂ de tous vos moyens de transport (et le nôtre)
Un matin ordinaire, feu rouge du boulevard des Batignolles. Autour de vous : une voiture, un scooter, un bus, deux trottinettes, un vélo électrique flambant neuf et une dame qui marche plus vite que tout le monde. Question du jour : dans ce petit peloton, qui émet quoi ?
On a sorti la calculette et les données de l'ADEME pour établir le grand classement, du plus sobre au plus gourmand. Sans tricher — même quand ça ne nous arrange pas. Bonne nouvelle : si vous ridez un vélo rétrofité, vous jouez le podium.
Le chiffre à retenir : −96 %. Sur dix ans d'usage, un vélo rétrofité émet 96 % de CO₂e de moins qu'une voiture thermique. Environ 2,7 tonnes économisées, soit un an et demi de conduite d'un Français moyen. Le détail du calcul vous attend plus bas.
Le grand classement, du plus sobre au plus gourmand
Les chiffres viennent du comparateur officiel de l'ADEME (impactco2.fr), vérifiés en août 2026. Ils comptent tout : le carburant ou l'électricité, ET la fabrication du véhicule. C'est important — vous allez vite comprendre pourquoi.
| Rang | Mode de transport | g CO₂e par km | Dont fabrication |
|---|---|---|---|
| 1 | Marche | 0 | — |
| 1 | Vélo musculaire | 0 | — |
| 3 | Tramway | 4,3 | 11 % |
| 4 | Métro | 4,4 | 5 % |
| 5 | Vélo rétrofité | ≈ 5 | 56 % |
| 6 | RER / Transilien | 9,8 | 33 % |
| 7 | Vélo électrique neuf | 11 | 80 % |
| 8 | Bus électrique | 21,7 | 56 % |
| 9 | Trottinette électrique | 24,9 | 92 % |
| 10 | Voiture électrique | 67,4 | 82 % |
| 11 | Scooter thermique | 76,3 | 21 % |
| 12 | Bus thermique | 122 | 7 % |
| 13 | Voiture thermique | 142 | 22 % |
| 14 | Moto (plus de 250 cm³) | 215 | 35 % |
Chiffres par voyageur, source ADEME / impactco2.fr — sauf le vélo rétrofité : notre calcul, détaillé plus bas, à partir des données de l'École des Ponts et de l'ADEME.
Trois surprises dans ce tableau. La moto émet plus que la voiture : 215 g par kilomètre, le casque ne protège pas de tout. Le bus thermique fait presque jeu égal avec la voiture — 122 g par voyageur au remplissage moyen national ; rassurez-vous, un bus parisien bondé à 8h30 fait bien mieux que ça. Et la trottinette électrique émet plus de deux fois plus qu'un vélo électrique. On y revient.
Oui, le métro nous bat d'un demi-gramme
On vous avait promis un classement honnête, le voici : le tramway (4,3 g) et le métro (4,4 g) devancent le vélo rétrofité (environ 5 g) d'un demi-gramme au kilomètre. On leur laisse ce point. La ligne 13, elle, ne vous attend pas en bas de chez vous.
Ce qui compte, c'est l'ordre de grandeur : marche, vélo, transports en commun ferrés et vélo rétrofité jouent tous dans la même cour, celle des modes à moins de 10 g. En face, la voiture thermique émet 28 fois plus qu'un vélo rétrofité. Le vélo électrique acheté neuf s'en sort très bien aussi, avec 11 g par kilomètre — 13 fois moins que la voiture, on vous avait raconté ça dans nos 5 avantages de l'électrification.
Mais d'où vient l'écart entre un vélo électrique neuf et un vélo rétrofité, puisque les deux roulent à la même électricité ? Réponse au rayon fabrication.
D'où viennent vraiment les émissions ? Pas de la prise.
Sur un vélo électrique, l'électricité est presque un détail : d'après la chercheuse Anne de Bortoli (École des Ponts), la fabrication représente 94 % de l'empreinte carbone totale d'un VAE qui roule 20 000 km. Le poste d'émissions, ce n'est pas la prise. C'est l'usine.
La facture de fabrication d'un vélo électrique neuf, poste par poste :
| Composant | Empreinte fabrication |
|---|---|
| Le cadre (vélo alu de 20 kg, fabriqué en Chine) | 181 kg CO₂e |
| Le moteur | 37 kg CO₂e |
| La batterie | 20 kg CO₂e |
| Total vélo neuf | ≈ 238 kg CO₂e |
Vous la voyez, la ligne qui écrase tout ? Le cadre : 181 kg, trois fois plus que le moteur et la batterie réunis. Or le rétrofit consiste précisément à garder votre cadre — celui qui dort à la cave — et à n'ajouter que le moteur et la batterie. Facture du rétrofit : 57 kg au lieu de 238. Soit 181 kg de CO₂e économisés dès le jour de l'installation — l'équivalent d'un Paris-Marseille et demi en voiture.
C'est ce qui fait dire à la chercheuse : « Le VAE le plus sobre énergétiquement est obtenu par "rétrofit", c'est-à-dire en transformant un vélo musculaire de seconde main. » On n'aurait pas osé l'écrire nous-mêmes.
Au passage, ce raisonnement explique la contre-performance de la trottinette : 92 % de son empreinte vient de sa fabrication, pour un engin qui vit rarement vieux. Fabriquer beaucoup, rouler peu : la pire équation du tableau.
Sur dix ans, l'écart devient un gouffre
Posons le calcul qui donne le chiffre de l'accroche. Prenons 20 000 km sur dix ans — 8 km par jour ouvré, un trajet domicile-travail parisien tout ce qu'il y a de plus normal.
Le vélo rétrofité : 57 kg pour fabriquer le kit, environ 45 kg d'électricité pour dix ans de trajets. Total : une centaine de kilos de CO₂e. La voiture thermique, à 142 g par kilomètre : 2 840 kg. Presque trois tonnes d'un côté, un gros sac de ciment de l'autre.
L'écart : 2,7 tonnes de CO₂e économisées, soit −96 %. Pour situer, 2,7 tonnes, c'est un an et demi de conduite d'un Français moyen (12 200 km par an). Dix ans de trajets qui effacent un an et demi de voiture : c'est le genre de division qu'on aime poser.
Et pendant que votre empreinte fond, votre temps de trajet aussi — dans Paris, le vélo électrique reste le moyen le plus rapide de rejoindre le bureau sans suer.
Et la voiture électrique, alors ?
Elle progresse, sincèrement : 67,4 g par kilomètre, deux fois moins que la thermique. Mais regardez la colonne fabrication : 82 %. Déplacer une tonne et demie de métal pour transporter une personne, ça se paie à l'usine, quelle que soit l'énergie dans le réservoir.
Résultat : une voiture électrique émet encore 13 fois plus qu'un vélo rétrofité. Électrifier, oui — c'est notre métier. Mais électrifier léger : 300 grammes de moteur et 3 kilos de batterie suffisent à déplacer un Parisien. Le reste, c'est du muscle assisté.
Et l'avion, pour situer ? Un vol court-courrier, c'est environ 224 g CO₂e par voyageur et par kilomètre — la moto en pire. Un aller Paris-Marseille en avion pèse à lui seul plus que quinze ans de vélo rétrofité.
Et vous, vous êtes où dans ce classement ?
Si vous marchez, si vous pédalez, si vous prenez le métro : vous êtes déjà dans le haut du tableau, bravo. Si un vélo dort dans votre cave pendant que vous prenez la voiture, vous connaissez maintenant le prix du transfert : de 142 g à 5 g par kilomètre, sans fabriquer de cadre neuf.
Chez Electribe, on électrifie votre vélo à domicile, dans 95 % des cas, à partir de 1 100 € — et les aides ramènent la facture à 650 €. Ça vous branche ? Prenez rendez-vous, on vient chez vous avec le kit, et vous rejoignez la tribe des moins de 10 grammes.
Let's ride ! ⚡️
Trois questions qu'on nous pose souvent
Quel est le moyen de transport le moins polluant ? La marche et le vélo musculaire, à 0 g CO₂e par km selon l'ADEME. Juste derrière, dans le groupe des « moins de 10 g » : le tramway (4,3 g), le métro (4,4 g), le vélo rétrofité (environ 5 g) et le RER (9,8 g).
Un vélo électrique, c'est vraiment écologique ? Oui : 11 g CO₂e par km, contre 142 g pour une voiture thermique — 13 fois moins. Le seul vrai poste d'émissions, c'est la fabrication (80 % du total). D'où l'intérêt de ne pas refabriquer ce qui existe déjà : c'est tout le principe du rétrofit.
Rétrofit ou vélo électrique neuf : quelle différence pour la planète ? La fabrication d'un VAE neuf émet environ 238 kg de CO₂e, dont 181 kg rien que pour le cadre. En électrifiant votre vélo actuel, seuls le moteur et la batterie sont fabriqués : 57 kg. Vous économisez 181 kg dès l'installation — un Paris-Marseille et demi en voiture.